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guillaume dÉGÉ
100 exemplaires
novembre 2009
10 euros

Dans la ruine, le souvenir d’une intention. Mais surtout quelque chose que le hasard, les vents, la pluie, les bombes ont totalement réorganisé. À la fois donc, la main d’un artiste, et l’œil de son contemporain, élément palpable,et le soucis méthodique qu’a l’aléa de donner à la clarté de l’informe. (toucher une ruine, ou la dessiner c’est attraper par la queue un regard ancien). Je ne suis pas sûr que ce soit de la nostalgie, ou une sorte de métaphore moralisante de la vanité. Une sorte d’apostrophe pour piéton oisif « Passant, toi qui est dans le coin, souviens-toi » ; mes ruines ne sont pas de cette nature, je n’ai pas de goût réel pour ces époques révolues, même si j’en accumule les reliefs. Pour rien au monde je ne vivrais ailleurs, qu’ici et maintenant, à pousser mes petits dessins jusqu’à une forme momentanément satisfaisante. La mort, bien plus sûrement, fait parti du paysage, au même titre cependant que les milliers de composants qui entrent dans la procession de la ruine. Ce qui reste importe, ce petit résidu, aussi éloigné soit-il d’un établissement primitif. Et ainsi des gravures découpées, sorties des livres, arrachées de leurs contextes, devenues illisibles par leur égarement. Par contre les chattes, c’est pas du tout ça. Mais la contemplation et le désir de les sortir de la feuille est identique.


© GÉNÉRAL GÉNÉRAL GÉNÉRAL, 2009


Crédits : Guillaume Dégé